La Chatellenie de Maumont
Les La Rochefoucauld-Maumont.
François de La Rochefoucauld, chevalier de l’Ordre du roi et gentilhomme ordinaire de sa chambre, seigneur de Maumont, de Magnac, d’Orbée du Chastenet, commence la lignée des La Rochefoucauld-Maumont dans sa châtellenie. Son fils aîné Pierre, seigneur de Maumont et de Magnac, épouse Catherine de Chaumont le 16 janvier 1636 et, par aliénation de domaine royal (28 mai 1657) acquiert les droits de haute, moyenne et basse justice. Magnac devient le siège d’une justice dépendant de la prévôté royale, de la sénéchaussée et du présidential d’Angoulême. Son fils François épouse Marie-Eléonore Chesnel (8 mars 1660). Le fils de celui-ci, François-Joseph, chevalier, seigneur de Maumont, épouse Anne Thomas (18 juin 1685). Lors de l’aliénation du domaine royal par Louis XIV, il acquiert le 10 novembre 1703, avec François Joumard de Tizon, moyennant 3120 livres de principal et 312 livres pour les 2 sols par livre, le droit de lever les rentes nobles dues au roi, dans villes, faubourgs et banlieues d’Angoulême.
Son fils, Jean-Charles de La Rochefoucauld, chevalier, seigneur de Maumont et Magnac, chevalier de Saint-Lazare de Jérusalem et Notre-Dame du Mont-Carmel, le 27 juin 1722 épouse Marguerite des Escaud, fille du chevalier Gabriel-François, seigneur de Chaumont, du Vivier, etc. Il eut dix enfants, dont François-Joseph, né en 1736, évêque de Beauvais en 1772, membre de l’Assemblée constituante, député aux États-Généraux de 1789 et Pierre-Louis, né en 1744 au château du Vivier, évêque de Saintes en 1780, président des Etats de la province de Saintonge, député aux États-Généraux de 1789. Ces deux prélats La Rochefoucauld-Maumont devaient être massacrés aux Carmes à Paris le 2 août 1792 et béatifiés à Rome le 17 octobre 1926.
Les revenus de Maumont étaient assurés, comme en témoignent de nombreux actes de fermage, par des terres, des moulins, des droits de pêche. En 1734, Jean-Charles de La Rochefoucauld se retira au château du Vivier, où il mourut en 1754. Il fut le dernier La Rochefoucauld à habiter Maumont, confié à un régisseur.
Son fils aîné, le chevalier François-Jean-Charles de La Rochefoucauld, capitaine au régiment de Provence, préférait vivre à Paris. Très endetté, le 14 février 1757, il vend à Bernard Sazerac, « manufacturier en faïence » de l’Houmeau, des rentes seigneuriales moyennant 3.057 livres, avec faculté de rachat. Un peu plus tard, il loue à Bernard Sazerac un des moulins de Maumont.
Le 1e juillet 1757, par devant les notaires royaux d’Angoulême, après engagement du 20 mars devant le notaire Bernard, Jean-Charles des Vallons, seigneur de Verneuil, fondé de procuration de messire François-Jean-Charles de La Rochefoucauld, seigneur de Maumont, Magnac et d’autres lieux, signe un bail à ferme avec Barthélemy Jayet de Beaupré et Pierre Doussaint, « stipulant et acceptant la terre et seigneurie de Maumont et Magnac : 20 boisseaux de froment et 30 d’avoine, 26 chapons, 27 gelines et 16 sols d’argent, le tout en rente seigneuriale. Quand le seigneur de La Rochefoucauld sera absent auront l’usage d’une écurie, de la cuisine, de la dépense à côté et de deux petites chambres au-dessus, de la brûlerie sur la Touvre. Ils cultiveront la vigne sans en abuser. Ferme faite pour neuf ans et neuf récoltes commençant à la Saint-Jean dernière et finissant pareil jour de l’an 1766, moyennant le prix de deux mille deux cents livres pour chacun an. ». Les baux étaient renouvelés.
Affermé, le château de Maumont fut occupé par Séraphin Gautier, écuyer, lieutenant de dragons, fils de Jean Gautier, avocat à Angoulême. Le 8 septembre 1771, sa femme, Thérèse Normand, y donna le jour à un fils, Charles-Rosalie. Il fut baptisé le 13 septembre, son parrain étant « très haut et puissant seigneur messire Charles-Rosalie de Rohan-Chabot, comte de Jarnac » et sa marraine dame Françoise-Radegonde Normand de Garat.