Le Château de Maumont
Extrait de : « Château et Logis de la Charente » Librairie Bruno Sépulchre - édition 2005
« Le Château de Maumont fut élevé au XVIème siècle en remplacement d’une construction plus ancienne. Au XVème siècle les seigneuries de Maumont et Magnac étaient la propriété des St Gelais. Cette famille donna naissance notamment à Octavien de St Gelais, évêque d’Angoulême, constructeur de l’évêché abritant aujourd’hui le musée municipal de la ville. Au XVIème siècle, Maumont appartient à la famille des Ages, seigneurs de plusieurs fiefs en Angoumois. En 1603, Bertrande des Ages épouse François de La Rochefoucauld et lui apporte Maumont en dot. La branche des La Rochefoucauld-Maumont est créée. Cette branche donne naissance au XVIIIème siècle à François-Joseph de La Rochefoucauld, évêque de Beauvais et à son frère Pierre-Louis de La Rochefoucauld, évêque de Saintes. Ils restèrent frères jusque dans la mort puisqu’ils furent martyrisés aux Carmes en 1792. Le Pape Pie IX les béatifia en 1926. En août 1992, un hommage leur fut rendu au château de La Rochefoucauld en présence des membres de la famille et des personnalités ecclésiastiques et politiques du département.
En 1773, Maumont fut vendu par la famille de La Rochefoucauld à M. Pierre Varin, Lieutenant, conservateur des chasses du comte d’Artois. Il devint seigneur de Magnac et de Maumont. En 1780, lors de sa mort, son fils Salomon hérita des domaines, château, charges et titres. Il vendit à son tour Maumont en 1817aux époux Navarre qui le vendirent ensuite en 1833 à trois de leurs petits-enfants. L’un deux, M. Callaud-Belisle, supprima les chutes des deux moulins seigneuriaux sur la Touvre pour créer l’usine à papier de Maumont en 1834. Cette usine fut détachée du domaine. Désaffectée, elle se trouve aujourd’hui occupée par la plus grande pisciculture d’Europe appartenant à M. Belet, habitant le Moulin du Roy.
Les communs du château et le corps de logis sont construits dans le même prolongement. Le château lui-même, édifié dans le style Renaissance possède des fenêtres à meneaux à chambranles et appuis saillants moulurés. La porte en anse de panier, richement décorée, est surmontée d’un blason armorié. Les combles sont ajourés de lucarnes à frontons triangulaires surmontés de boules aux extrémités. Des gargouilles permettent l’écoulement des eaux de pluie des couvertures cachées dernière un parapet de pierre sans décoration. Une tour ronde, coiffée en poivrière, séparée du corps du logis, renferme la chapelle. Elle devait appartenir à une construction précédente. Les portes cochères des communs sont en anse de panier, le portail d’entrée est décoré de pilastres sculptés.
Bibliographie : Pierre Lescuras : « Pays de la Touvre et de la Braconne »