Pierre et Salomon Varin, seigneurs de Maumont et Magnac


Les fermages ne suffisaient pas à éponger les dettes des La Rochefoucauld-Maumont.
Le 19 janvier 1773, par-devant Me Ledoux, notaire à Paris, la seigneurie de Maumont et Magnac fut vendue sans la moindre restriction à Pierre VARIN, greffier en chef de l’élection d’Angoulême, lieutenant conservateur des chasses de Mgr le comte d’Artois. Il devra bientôt supporter la perte des rentes nobles, restituées au Comte d’Artois, par l’arrêt de 1779.

Lors de la vente de la seigneurie, l’état de lieux mentionne château, communs, bâtiments de toutes sortes, fuye, maisons à Touvre et dans campagne, métairies, grande garenne, jardins, prés, terres labourables, vignes, brûlerie sur la Touvre, chaumes, chènevières, bois, moulins à blé et à huile des Fadours, moulins de Méré et des Rigaud sur la Touvre, droits de pêche sur une partie de la rivière.

Pierre Varin s’éteignit le 25 avril 1780. Son fils, Salomon hérita et prit possession de sa seigneurie. Une cloche, donnée à l’église de Magnac, fut solennellement baptisée. Elle porte une longue inscription : « Saint Cybard, priez pour nous. Charles-Philippe, comte d’Artois, frère de Louis XVI, prince apanagiste de Magnac. Léon Thuet, curé. Maître Salomon Varin, seigneur de Maumont et Magnac, greffier en chef de l’élection d’Angoulême et conservateur des chasses de Monseigneur le comte d’Artois, parrain. Dame Marie-Iphigénie-Geneviève Chaumont-Gautier, marraine.  Michel François Gansberg, fondeur. 1781 » (cloche actuellement de l’église de Magnac).

Après la Révolution, tout en résidant à Angoulême, Salomon Varin de Maumont s’occupait de son domaine. Pour alimenter l’habitation, les jardins, un vivier, le 9 juin 1800, par acte devant Me Petit, notaire à Magnac, il acheta à Guillaume Texier et Antoine Lavergne le droit d’établir un ruisseau partant de la fontaine de Lavallade et aboutissant au château de Maumont.

Le 13 septembre 1810, il acheta à François Coupillaud et Pierre Boucherie leurs droits de pêche sur la Touvre.

Des terres avaient été louées. Le château, abandonné depuis longtemps, était très délabré comme tous les bâtiments, des énormes réparations étaient nécessaires.
Le 1e juin 1817, par acte passé devant Me Petit, notaire à Magnac, M. Salomon Varin et sa femme, Jeanne-Ursule Joffet, vendirent le domaine de Maumont, pour 70.000 francs, à Pierre Navarre, propriétaire à Saint-Claud, époux de Marie-Marthe Martin Lacote.  La vente s’étendait à toutes les propriétés à l’exception des droits seigneuriaux et féodaux des La Rochefoucauld, abolis par la Révolution. L’acte de vente stipule que les bâtiments sont en très mauvais état : les charpentes et les couvertures sont à refaire, des tours s’écroulent, les moulins sont inutilisables.

Les Navarre donnèrent la jouissance de Maumont à leur fille, Marie-Jeanne-Adèle et à son époux Louis Martin de Labellivière, qui devint maire de Magnac en 1802. Le 30 septembre 1833, par-devant Me Rebierre-Laborde, notaire, à Magnac, les Navarre recédèrent les domaines de Maumont à leurs petits-enfants Léopold, Pierre, Joséphine Martin de Labellivière.  Deux ans plus tôt, Joséphine avait épousé Guillaume-Gemie Callaud-Belisle, comme son père fabricant de papier à Veuze.

En 1833, Gemie Callaud-Belisle se rendit acquéreur de tout le domaine de Maumont pour y habiter et construire sur ses terres une usine à papier.

En 1920, les héritiers d’Angel Callaud-Belisle, fils de Guillaume Gemie, vendirent Maumont à André Faure, conseiller de Préfecture à Angoulême, et à ses parents. Par-devant Me Gallut, notaire à Magnac, vente du domaine de Maumont par Marie-Radegonde Arlin-Lacroix, veuve Angel Callaud-Belisle, et ses enfants : Robert Callaud-Belisle ; Yvonne, épouse du Dr. Henri Mallié d’Angoulême ; Anne-Marie, en religion sœur Saint Bernard des Filles de Sainte-Marthe ; Régine, épouse Hubert Robert. L’usine à papier de Maumont avait été vendue le 8 octobre 1863 par les héritiers de Gemie Callaud-Belisle à la Société Becoulet de Paris, devenue en 1867, la Société Becoulet-Procope.

ALMANACH DE L’ECHO DE LA TOUVRE 1933, etc. Publication de l’AbbéLescuras
« LA CHATELLENIE DE MAUMONT » du professeur Compain.
Papiers La Rochefoucauld.
Papiers Callaud-Belisle